{"id":4,"date":"2020-03-10T23:20:54","date_gmt":"2020-03-10T22:20:54","guid":{"rendered":"http:\/\/sciences-medias.fr\/blogs\/stations-maritimes\/?page_id=4"},"modified":"2020-03-17T01:33:50","modified_gmt":"2020-03-17T00:33:50","slug":"les-stations-maritimes-en-france","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/sciences-medias.fr\/blogs\/stations-maritimes\/","title":{"rendered":"Les stations maritimes en France"},"content":{"rendered":"<br \/>\n<h3>Institutions, pratiques, cultures.<\/h3>\n<h2>Quels enjeux, quels avenirs nous d\u00e9voilent les changements et les variations qui traversent les politiques scientifiques et institutionnelles des stations maritimes ?<\/p>\n<\/h2>\n<p>Les stations maritimes sont le mod\u00e8le d\u2019un genre (une pratique et une m\u00e9thode scientifique) qui a voulu, en son temps, amener sur la terre \u00ab&nbsp;le vivant de la mer&nbsp;\u00bb, ses organismes, plantes et animaux, pour en \u00e9tudier le fonctionnement <i>in situ<\/i>, dans un environnement proche de leur milieu de vie. <\/p>\n<p>La plupart des stations sont n\u00e9es au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, permettant aux chercheurs de pouvoir travailler ailleurs que dans les auberges et les petites pensions c\u00f4ti\u00e8res. Les aquariums, les salissures et les odeurs pestilentielles qui les accompagnaient en avaient fait \u00ab&nbsp;les b\u00eates noires&nbsp;\u00bb des h\u00f4teliers.<\/p>\n<p>Entre 1859 et 1899, en France, furent ainsi construites 14 stations maritimes. La plupart s\u2019int\u00e9ressant \u00e0 la zoologie, \u00e0 l\u2019oc\u00e9anographie physique et\/ou chimique, au d\u00e9placement des masses d\u2019eau&#8230; ou encore \u00e0 la p\u00eache.<\/p>\n<p>Chaque station avait une particularit\u00e9 disciplinaire comme la physiologie, la syst\u00e9matique, la cytologie ou encore l\u2019\u00e9tude du d\u00e9veloppement des organismes. Certaines stations n\u2019ont eu qu\u2019une existence temporaire, d\u2019autres sont toujours actives comme par exemple celles de Wimereux, Roscoff, Concarneau, Banyuls-sur-Mer, Endoume ou Villefranche-sur-Mer, avec parfois un changement de localisation ou de propri\u00e9taire, et non sans une variation des enjeux scientifiques et politiques.<\/p>\n<h2>L\u2019objet de cette recherche est d\u2019\u00e9tudier ces changements et ces variations dans les politiques institutionnelles des stations maritimes. Ils nous renseignent sur le fonctionnement de la science, la politique de production des savoirs et son rapport au territoire tant au niveau local que national ou international.<\/h2>\n<p>Pour premier exemple de notre corpus, nous avons choisi la station de Tamaris \u00e0 La Seyne-Sur-Mer, premi\u00e8re station de physiologie animale au monde pour l\u2019\u00e9tude des animaux marins. Elle fut laiss\u00e9e exsangue une premi\u00e8re fois au sortir de la Seconde Guerre mondiale, n\u2019ayant pas \u00e9chapp\u00e9 aux cons\u00e9quences des bombardements de Toulon. D\u00e9j\u00e0 en 1945 se posait la question de la restaurer ou non ; pour mener quel type de recherche, et avec quels partenaires ?<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui encore la station maritime n\u00e9gocie sa survie ; cette fois dans le cadre d\u2019un proc\u00e8s qui l\u2019oppose aux h\u00e9ritiers de son fondateur-donateur&nbsp;: Marius Michel de Pierredon, dit Michel Pacha. Ses descendants reprochent au propri\u00e9taire de la station, l\u2019universit\u00e9 Lyon 1, de ne pas se conformer aux directives du legs qui pr\u00e9conisaient notamment la nature des recherches devant y \u00eatre effectu\u00e9es&nbsp;: la physiologie animale marine. Le fonctionnement institutionnel du laboratoire \u00e9tait \u00e9galement d\u00e9termin\u00e9 par ces directives.<\/p>\n<p>Dans ce moment d\u2019intense changement, de \u00ab&nbsp;crise&nbsp;\u00bb, se mobilise un grand nombre d\u2019acteurs tant institutionnels (avec la justice, l\u2019\u00c9tat, les universit\u00e9s, les collectivit\u00e9s territoriales, les institutions scientifiques), qu\u2019\u00e9conomiques (avec les entreprises), sociaux (avec les associations d\u2019usagers), et des personnalit\u00e9s locales (avec des \u00e9lus, des chercheurs, des citoyens sensibilis\u00e9s).<\/p>\n<h2>Ces mobilisations qu\u2019accompagnent les changements nous replongent dans l\u2019histoire de la station maritime, et nous renseignent sur ses esp\u00e9rances et ses nouveaux enjeux. <\/h2>\n<p>La mobilisation des acteurs autour de la station marine de Tamaris n\u2019est pas un cas particulier. M\u00eame si chaque station n\u2019est pas confront\u00e9e \u00e0 une crise grave, elles sont le fruit des politiques scientifiques, et induisent elles-m\u00eames des modifications dans ces politiques scientifiques nationales voire internationales. Inversement, elles g\u00e9n\u00e8rent des espaces o\u00f9 peuvent se reconstruire des pratiques locales&nbsp;: autour de chacune d\u2019entres elles s\u2019entrem\u00ealent les \u00e9chelles (locale, nationale et internationale) et les points de vue (patrimoine et architecture, tourisme, industrie navale, p\u00eacherie, laboratoire).<\/p>\n<p>Les stations remarquables actuelles (corpus) sont : <\/p>\n<p>Les stations maritimes fond\u00e9es \u00e0 la fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle sont les suivantes : Concarneau (1859), Roscoff (1872), Wimereux (1874), Luc-sur-Mer (1874), Cette (S\u00e8te) (1879), Banyuls-sur-Mer (1881), Arcachon (1883), Villefranche-sur-Mer (1886), Tatihou (1887), Le Portel (1888), Endoume (1889), Tamaris (1889-1900), Monaco (1910). \u00c0 ces stations nous devons ajouter des laboratoires \u00e0 vocation maritime (Le Havre), des stations discr\u00e8tes (Pen-Ch\u00e2teau au Pouliguen), des stations priv\u00e9es (Embleteuse dans le Pas-de-Calais) et les stations d\u2019outre-mer (Indochine, Madagascar, Alg\u00e9rie, Tunisie\u2026).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Institutions, pratiques, cultures. 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