Sciences, environnement et débat public : un domaine de recherches appliquées et fondamentales dès le Master à l’université Paris Diderot

La plupart des étudiant.e.s et des décideurs politiques identifient le domaine « sciences et société » comme un secteur professionnel destiné à des journalistes, des communicant.e.s, des muséologues et des spécialistes de médiation scientifique. L’environnement, quant à lui, apparait comme un domaine des sciences du vivant plus que comme un thème des sciences sociales. On y voit souvent un domaine de développement de stratégies de communication destinées à modifier les représentations et les comportements afin de sensibiliser les citoyen.ne.s aux enjeux environnementaux de biodiversité et du changement climatique global.

Au sein du groupe de formation et de recherche « Sciences & médias » du laboratoire Cerilac de l’université Paris Diderot, nous estimons que le domaine qui peut être décrit à l’aide des mots clés « sciences, environnement et débat public » a aujourd’hui un besoin urgent de chercheurs inventifs, capables de produire de nouvelles connaissances et de s’insérer dans des professions à cheval entre la recherche académique, les activités d’expertise et de conseil, et les métiers de chargés de mission dans des collectivités territoriales.

Ce besoin est urgent dans la mesure où on ne réglera pas des problèmes environnementaux qui sont aujourd’hui clairement identifiés comme d’origine anthropique sur la base de connaissances et de recherches menées depuis le seul point de vue des sciences de la nature : si l’érosion de la biodiversité et le changement climatique global ont une origine dans les pratiques humaines (problèmes des déchets domestiques, de la consommation d’énergies fossiles, d’un développement non soutenable, d’une industrialisation peu respectueuse de l’environnement, etc.), alors il est important que l’université forme des chercheur.e.s capables d’appréhender ces problèmes à l’aide des méthodes et des concepts des sciences humaines et sociales, en relation interdisciplinaire avec les sciences de la nature. De même, on ne comprendra pas les enjeux du domaine « sciences et société » sans une culture approfondie de l’enquête de terrain en sciences sociales et sans une connaissance précise des concepts développés dans ce secteur depuis une quarantaine d’années. Là encore, si l’interdisciplinarité avec les sciences de la matière ou du vivant est importante, un regard affuté par les sciences sociales reste un atout indispensable dans une société en constante transformation, où les discours de sens commun, la vulgate médiatique ou encore les certitudes d’experts prennent trop souvent la place de recherches validées selon les critères scientifiques des disciplines des sciences humaines et sociales. Enfin, le secteur de la participation citoyenne aux prises de décision en matière de sciences, de technologies, ou d’environnement, ou encore à la production de connaissances (secteur des sciences dites « participatives ») s’est développé et est en cours de professionnalisation. Ce développement croissant, et les discours et politiques publiques qui l’accompagnent, méritent d’être interrogés : en quoi cela renouvelle-t-il réellement les enjeux d’appropriation sociale ou culturelle des savoirs ? Là encore, pour dépasser les rhétoriques incantatoires, il importe de produire une connaissance empirique mais aussi réflexive à laquelle les sciences humaines et sociales ont déjà contribué.

Les métiers correspondant à ces domaines de recherche fondamentale et appliquée peuvent être ceux de la recherche publique (université, CNRS, etc.), mais il est également possible de d’envisager des débouchés dans des collectivités territoriales ou dans le monde culturel et associatif, ainsi que dans les collectivités territoriales. Enfin, dans un secteur en pleine émergence, comme celui de l’expertise socio-environnementale ou celui du débat public et de la concertation sur les thèmes « sciences et société », des débouchés professionnels restent à inventer : nos réseaux de veille professionnelle peuvent aider les candidats motivés.

C’est pourquoi nous recherchons des candidat.e.s souhaitant entreprendre une formation à la recherche, et par la recherche. Celle-ci peut débuter dès le master 1, mais aussi à partir du master 2. Ces candidat.e.s pourront développer des compétences de conceptualisation et s’engager dans des enquêtes empiriques (ethnographie, analyse de discours, etc.) sur le thème des pratiques et des représentations des sciences, de l’environnement et des savoirs contemporains, ainsi que sur l’ensemble des phénomènes de participation citoyenne à la prise de décision ou à la production de connaissances sur les thèmes des sciences, des technologies et de l’environnement. Le profil des candidat.e.s :

  • Disposer d’une licence ou d’un master dans une discipline des sciences humaines et sociales, et avoir une première idée de projet de recherche, à discuter avec l’un.e des encadrants de l’équipe,
  • Disposer d’une licence ou d’un master dans une discipline des sciences de la nature (il faudra cependant avoir une capacité à lire les textes sociologiques, et le passage par le Master 1 sera alors conseillé). Une première idée de projet de recherche sera demandée, à discuter avec l’un.e des encadrants de l’équipe,
  • Avoir envie de mener des recherches empiriques et réflexives et d’appréhender les enjeux théoriques, politiques, culturels, cognitifs et sociaux du domaine,
  • Avoir un intérêt pour les approches interdisciplinaires,
  • Avoir une bonne capacité rédactionnelle.

Pour plus d’information sur les conditions d’inscription en master, allez à l’adresse suivante : http://sciences-medias.fr/blogs/master/inscriptions-master/

Pour une présentation de nos thèmes et programmes de recherche : http://sciences-medias.fr/blogs/recherche/axe-representations-et-pratiques-des-sciences-de-lenvironnement-et-des-savoirs-contemporains/

N’hésitez pas à prendre contact avec nous afin de discuter de vos projets de recherche avant d’entamer une candidature.

Contact : igor[POINT]babou[AT]orange[POINT]fr (remplacez dans l’adresse mail « [POINT] » par « . » et « [AT] » par « @ »)

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