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Séminaire en cours

« Spectres du monde colonial et troubles de la narration dans la littérature française » (conférence de Carpanin Marimoutou le 26 janvier 2017 de 16h à 18h)

« Spectres du monde colonial et troubles de la narration dans la littérature française ». Venez écouter le passionnant chercheur qu’est Jean-Claude Carpanin Marimoutou, professeur de littérature contemporaine à l’Université de La Réunion, jeudi 26 janvier de 16h à 18h à l’Université Paris -Diderot, dans le cadre des séminaires « Ecrire et penser avec l’histoire à l’échelle du monde ? » (C. Coquio) et « Pensée et création contemporaine » (E. Marty).
Il évoquera l’impensé de l’esclavage et la spectralité du monde colonial dans la littérature française, et présentera un projet de recherche sur le lien entre art et politique dans l’île-monde de la Réunion, plus précisément sur les revues culturelles alternatives des années 60-70, années d’essor d’un mouvement communiste singulier, réprimé par les autorités françaises. Projet dans lequel Françoise Vergès et Igor Babou sont aussi engagés. Rendez-vous salle Pierre Albouy, 5 rue Thomas Mann, Grands Moulins, bâtiment C, 6e étage,

Argumentaire de la conférence : « Je m’intéresse à la représentation (la présence rendue visible ou spectrale) et au discours des personnages noirs, métis ou créoles dans la littérature française, en relation avec la pensée ou l’impensé de la traite négrière et de l’esclavage colonial mais aussi des résistances contre la domination (de genre, de classe, de couleur). J’étudie, en particulier, les modalités selon lesquelles cette représentation produit des effets sur la narration, l’énonciation et la représentation, à la manière dont cette présence spectralisée trouble le discours des narrateurs et en modifie les significations. Le corpus pris en compte, dans le cadre du séminaire est Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre, Ourika de Claire de Duras, Bug-Jargal de Victor Hugo, Tamango de Prosper Mérimée. »

Résumé du projet de recherche : A la croisée des littératures françaises et de l’infocom, mais plus largement des littératures comparées et des études postcoloniales, de l’ethnologie, de la musicologie et de la linguistique, il porte sur la manière dont s’est exprimée, dans les arts et la culture, la conscience historique et politique de la Réunion pendant les années de « décolonisation » et de guerre froide. On sait que dans cette île de l’Océan indien devenue Département français, où l’esclavage aboli en 1848 a été remplacé par des formes particulières d’engagisme, la population brasse des origines à la fois européennes, africaines, malgaches, indiennes, malaises, chinoises, annamites. La mémoire historique complexe de cette île-monde s’est exprimée sur un mode fortement politique à travers la vie artistique et littéraire, particulièrement dans les revues. Il s’agit de soumettre à l’examen critique un corpus de revues encore jamais étudié : celui des revues culturelles alternatives des années 60-70 à La Réunion, dans les pays de l’Océan Indien et à Paris (pour la diaspora réunionnaise) : analyse des textes et des images, exploration des activités artistiques qui y sont évoquées, avec leurs arrière-fonds culturels et leurs pratiques linguistiques mêlées, études des croisements avec les littératures francophones des Antilles et d’Afrique ; mais aussi entretiens menés auprès des responsables éditoriaux et d’acteurs du champ politique et culturel. L’intention est de mieux comprendre les évolutions de l’espace public et du champ culturel de cette période, et d’observer avec précision les relations singulières se nouer entre littérature et politique.

Pourquoi les années 60-70 ? Celles-ci ont vu émerger un champ culturel et intellectuel très actif dans l’île, en réaction au pouvoir qu’incarnait Michel Debré, qui souhaitait éradiquer le communisme réunionnais alors en pleine effervescence et porteur de revendications indépendantistes, dans la foulée des décolonisations du continent africain. Le contexte politique était celui d’une absence de démocratie réelle – contrôle de médias, bourrage des urnes, pratiques clandestines – et de l’usage de la violence de part et d’autre. Cette dynamique s’est fortement appuyée sur la création littéraire, poétique, mais aussi musicale, et sur la revendication d’une identité créole.

Si la mémoire de l’esclavage a déjà fait l’objet de travaux de recherche, il s’agit ici d’ouvrir un champ nouveau, et de l’ouvrir dans une perspective pleinement contemporaine, au-delà des études francophones.

elles et ceux qui sont intéressé.e.s à s’y joindre sont invité.e.s à prendre contact avec Igor Babou (igor[point]babou[AT]@orange[point]fr) ou Catherine Coquio (catherinecoquio[AT]gmail[point]com).

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Confrontations de savoirs (2016-2017)

Séminaire de recherche « Confrontations de savoirs »

5 crédits – Igor Babou, en collaboration avec Joëlle Le Marec (CELSA Paris Sorbonne)

Proposé et animé par Igor Babou (université Paris Diderot, CERILAC) et Joëlle Le Marec (université Sorbonne Paris 4-Celsa, GRIPIC)

Séminaire commun au master recherche « Journalisme, culture et communication scientifiques » (Paris Diderot) et au magistère «Communication» (master 2) (CELSA Paris 4)

Le séminaire est ouvert au public (collègues et doctorants, professionnels, etc.) dans la limite des places disponibles.

Le lundi de 9h à 11h00, à Paris 7 (numéros de salles dans le programme) ou au Celsa (Salle R06). Les numéros des salles affichés sur place)

MISE A JOUR DU 29 septembre 2016 : la première séance du séminaire aura lieu dans l’amphithéâtre du CELSA, pour des raisons pratiques

Télécharger le programme (pdf)

Dans l’espace public médiatique, ainsi que dans les institutions culturelles ou territoriales, de même que dans divers contextes de la vie sociale ordinaire, les savoirs sont l’objet de confrontations. L’idée de « confrontation » est ici à prendre dans un sens large, c’est à dire non seulement sous l’angle de la conflictualité (l’exemple des controverses étant le plus classique), mais également sous celui du débat d’idée, des contradictions entre cadres normatifs, des jeux d’acteurs, voire des collaborations entre personnes et groupes sociaux. Loin de s’imposer par leur rationalité, les savoirs nécessitent tout un appareillage social, discursif et matériel pour être simplement reconnus comme tels. Par ailleurs, les légitimités des détenteurs de savoirs sont engagées dans le cadre de pratiques et d’interactions. Dans ce séminaire, on examinera, sur des bases empiriques, des situations où des savoirs se confrontent : savoirs scientifiques, bien entendu, mais aussi savoirs journalistiques, savoirs des sciences humaines et sociales, des Lettres, savoirs d’expertise, savoirs locaux, savoirs pratiques, etc. Interroger les savoirs dans les interactions de la vie sociale ordinaire ou institutionnelle permet d’éviter toute réification de la notion de « savoir », et impose également de mettre à distance – autant que faire se peut – nos ethnocentrismes et autres « grands partages » fondateurs.

Contacts :
igor.babou@univ-paris-diderot.fr et jlemarec@neuf.fr
Paris Diderot : 5 rue Thomas Mann, Bâtiment C, 75013 Paris –
Celsa : 77 Rue de Villiers, 92200 Neuilly-sur-Seine

Modalités du contrôle des connaissances : 100% contrôle continu.

La participation orale aux débats du séminaire (prises de paroles spontanées, rigueur de l’argumentation, formulation des questions, etc.) sera évaluée. Pour les étudiants du parcours recherche du master de Paris Diderot, un document (de 5 à 10 pages) présentant la manière dont le thème et les séances du séminaire seront intégrées à la problématisation du mémoire fera également partie de la note.

(suite…)

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Conférences de recherche sur le journalisme (2016-2017)

Crédits :Durée : 20h CM

6 séances. Le mardi de 18h30 à 20h30 à Paris 3, à partir du 4 octobre 2016.

Ces conférences sont organisées dans le cadre du partenariat entre :

  • Master Journalisme Culturel – Université Sorbonne Nouvelle Paris 3
  • Master Journalisme Européen – Université Sorbonne Nouvelle Paris 3
  • Master Journalisme Scientifique – Université Diderot Paris 7

Objectifs des conférences

Présenter aux étudiants des trois Masters des activités de recherche portant sur le journalisme. Afin de respecter la diversité des trois Masters et d’enrichir les perspectives proposées aux étudiants, les cadres théoriques et méthodologies pourront être issus de l’ensemble du spectre des lettres et sciences humaines.

Déroulement de la conférence

Durée de 2 heures se répartissant comme suit :

  • Présentation de l’intervenant, de son parcours, et de ses recherches
  • Développement d’une recherche en particulier
  • Échanges avec les étudiants

Modalités pratiques

Le public est constitué potentiellement de l’ensemble des étudiants des Masters soit une soixantaine de personnes.

Les conférences ont lieu le mardi de 18h30 à 20h30, au Centre Censier de l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, 13 rue Santeuil, Paris 5ème arrondissement. Les salles sont indiquées plus bas, dans le programme.

Programme des conférences :

 

Mardi 25 octobre 2016

Les classements académiques médiatiques en France : socio-histoire d’une coproduction capitaliste entre média, État et monde académique.

 Julie Bouchard (Maîtresse de conférences, Université Paris 13, LabSic). Salle 228.

Résumé :

La plupart des pays industrialisés côtoient, sinon avec plaisir, du moins avec habitude, intérêt volontaire ou contraint, scepticisme ou agacement, les classements académiques produits par des entreprises de presse. Si les classements académiques sont anciens, remontant à la fin du xixe siècle, leur production régulière par des organes de presse est elle beaucoup plus récente trouvant les sources de son élan dans les années 1970-1980. Comment des entreprises de presse en France sont-elles parvenues à s’imposer en tant que producteurs de classements académiques ? Quels sont les logiques et processus de production des classements académiques médiatiques ? Quelles valeurs de l’espace académique façonnent-ils? Une perspective média-centrée, micro et diachronique procédant à une analyse sociotechnique de la production des classements académiques médiatiques invite à nuancer l’idée d’un espace médiatique comme évaluant tout puissant et actif et corollairement celle d’un espace académique comme simple évalué passif en révélant les relations d’interdépendances (coopération, conflit, négociation, ajustement) entre l’espace médiatique, l’espace académique et l’espace étatique qui rendent possible cette coproduction à la fois encouragée, tolérée et critiquée.

Mardi 8 novembre 2016

Pour quoi étudier la presse magazine ?

Claire Blandin (Professeure, Université Paris 13, LabSic). Salle 307.

Résumé :

Le dynamisme du marché de la presse magazine est une des spécificités du paysage médiatique français : l’émergence de courants politiques, habitudes de consommation, nouvelles formes de loisirs… s’est accompagnée, tout au long du XXe siècle, de la création de titres. Les magazines offrent au chercheur une source incomparable pour cerner les mutations politiques, économiques et culturelles de notre société. Cette intervention présentera les différentes dimensions possibles de l’étude des magazines ; l’image (publicitaire et/ou rédactionnelle) y joue toujours une place centrale. On reviendra ensuite sur une recherche originale traitant des représentations de la famille dans les années 1960. Cet exemple veut montrer que les magazines peuvent être pris comme les témoins de la diversité des productions de la culture de masse, mais que leur analyse est parfois complexe du fait de la polyphonie des discours qui s’y font entendre. 

Mardi 22 novembre 2016

Le journalisme est-il une profession ?

Denis Ruellan (Professeur des universités, CELSA Paris IV Sorbonne/Gripic). Salle 307.

Résumé :

Le journalisme se présente beaucoup sous les atours d’une profession. Plus que d’autres groupes occupant un segment des activités laborieuses, il insiste sur les raisons collective, coordonnée, sociale et publique de son existence. L’objet de la conférence sera d’étudier à la fois les conditions de production de ce discours sur soi et les raisons sociologiques de penser que le journalisme est effectivement une profession et pas seulement un agrégat de métiers relativement proches. En revenant sur la notion de « flou », le propos sera enrichi de résultats de recherches conduites depuis cette proposition, sur la presse locale, sur la déontologie, sur les modes de l’action collective, sur les motifs de l’engagement.

Mardi 29 novembre 2016

Google, la presse et les journalistes

Guillaume Sire (Maître de conférences, Université Panthéon Assas Paris 2, Institut Français de Presse / CARISM). Salle 228.

Résumé :

Après avoir expliqué le fonctionnement du moteur Google, et parlé de son pouvoir de prescription, nous expliquerons ce que cela implique pour la presse et les journalistes : quels rapports entre Google et les entreprises de presse ? quelles nouvelles pratiques ? quels enjeux ? quels risques ?

 

Mardi 6 décembre 2016

Appréhender les relations presse-politique dans leur contexte institutionnel :
les échanges informels en Allemagne

Nicolas Hubé (Maître de conférences, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne). Salle 307.

Résumé :
En travaillant sur les relations informelles dans différents cercles d’informations de la Capitale allemande, nous tenterons de dépasser ce qui apparait souvent dans la littérature comme un effet de la « culture démocratique allemande » respectueuse des droits constitutionnels du quatrième pouvoir. Cette enquête historique et sociologique cherche à comprendre les mécanismes institutionnels, sociaux et politiques qui expliquent comment fonctionnent les relations entre journalistes et politiques.

Mardi 13 décembre 2016

Les espaces de production et de circulation de l’information “internationale”. L’exemple de l’actualité “marocaine” dans les médias étrangers

Dominique Marchetti (Directeur de recherche, CNRS, Centre européen de sociologie et de science politique, Paris). Salle 228.

Résumé :

Cet état provisoire d’une recherche en cours s’inscrit dans le cadre d’un projet plus large qui vise à comprendre les conditions de production et de circulation des biens culturels de grande diffusion dits transnationaux, à partir de l’exemple de l’actualité « internationale » produite par les médias généralistes. La problématique générale est d’appréhender ces processus de transnationalisation en mettant en relation plusieurs espaces qui sont trop souvent séparés dans les analyses : l’espace médiatique du pays d’origine de la production des informations, celui du pays d’accueil où celles-ci sont diffusées, mais aussi l’espace médiatique international ou ses sous-espaces régionaux, ceux-ci rassemblant des médias transnationaux sous différentes formes (agences de presse, chaînes internationales, médias nationaux ayant des effets transnationaux, etc.). L’étude des pratiques et des productions d’« intermédiaires clés » de la transnationalisation des biens culturels, ici les correspondants des médias étrangers ou les journalistes des grandes agences transnationales multimédias qui forment une fraction stratégique des « grossistes » de l’information internationale, permet de mettre au jour des processus très généraux de division du travail transnational et les luttes sociales, économiques, politiques, professionnelles qu’ils engendrent. Pour « localiser » cet « international », et ainsi éviter les propos généraux sur la « globalisation » et la « mondialisation » ou bien les voir par un prisme trop monographique, le choix s’est porté sur une étude de cas, celle du Maroc, de manière à chercher à comprendre comment une information « marocaine » devient ou non « transnationale ». Ce texte s’appuie sur les éléments d’un travail en cours, notamment quatre-vingts interviews avec des journalistes travaillant (ou ayant travaillé) pour différents médias étrangers au Maroc et une analyse statistique de leur présence.

Après avoir caractérisé la position dominée de ce pays dans l’espace médiatique transnational, et c’est ce qui fait entre autres son intérêt scientifique d’autant plus qu’il n’a pas été étudié sous cet aspect, cette contribution esquisse quelques grands principes de structuration de l’espace des producteurs (médias et journalistes) de l’actualité dite « marocaine » à l’étranger, notamment dans ses fractions qui produisent et diffusent dans les mondes majoritairement de langue arabe et de confession musulmane. Ils permettent de pointer une série de transformations contemporaines de la production et de la circulation de l’information dite « internationale ».

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